P o i s o n e d* [Begin the poisoning]

journal extime d'une bloggueuse acidulée (ma vie, mes coups de gueules, mes découvertes, tests, critiques de films, etc).

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La loi du cochon

j'avais envie de vous empoissonner le 10 juin 2007

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Réalisateur: Érik Canuel (Bon Cop, Bad Cop)
Scénariste: Johanne Arseneau
Distribution : Isabel Richer, Catherine Trudeau, Jean-Nicolas Verreault
Durée : 98 minutes
Origine : Québec
Synopsis: La Loi du cochon raconte l'histoire de deux soeurs propriétaires d'une porcherie, qui acceptent de faire pousser de la marijuana dans leur champ de maïs afin de rembourser leurs dettes. Cependant, lorsque la banque demande que les paiements soient effectués dans les plus brefs délais, Stéphane (Isabel Richer) concocte un plan à l'aide de son ex-copain (Christian Bégin) afin de voler les plants avant la récolte. Bien entendu, tout ne fonctionne pas comme prévu et Stéphane et sa soeur Bettie (Catherine Trudeau) doivent faire face à deux truands aussi stupides qu'agressifs, Paquette (Sylvain Marcel) et Chose (Jean-Nicolas Verreault).

Commentaire: Cette production vous surprendra sûrement plus que probablement par le fait que ce film se distinct des autres productions québécoises. Généralement axé sur le drame ou la comédie, le Québec se limite en terme de genres et c'est la première surprise que nous réserve La loi du cochon. Canuel nous offre un film hyperstylisé de gangsters, pimenté de blagues et de suspens filmé avec caméras DV.

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Le premier charme de ce film est, et cela saute aux yeux, la qualité du jeu des acteurs. Tout au long du film, j'ai adoré les personnages fous de Sylvain Marcel et Jean-Nicolas Verreault. Les laloiducochon_screencap2réactions et les crises de rage de Paquette, interprété par Marcel, sont jouées d'un naturel saisissant. Parfois, il fallait que je me dise que ce n'était qu'un personnage tellement Sylvain a rendu justice à son rôle de crapule égocentrique. Le personnage de Verrault, c'est-à-dire Chose, est lui aussi remarquablement interprété avec talent! Il a tout adapté à son personnage pour lui donner un réalisme effrayant : regard vide, air froid, voix avec un ton neutre, mais un peu stupide et la démarche typique du criminel aux allures retardées, mais qui cache une agressivité troublante. Les victimes prises en otage, je parle ici des rôles d'Isabel Rocher et Catherine Trudeau, ne sont pas à oublier. Durant les premières minutes du film, avant que l'action commence réellement, je n'étais pas convaincue par le personnage de Catherine, mais lorsque les scènes de suspens s'enchaînent, elle m'a donné des bouffées de stress puissance 1000. Évidemment, Isabel Richer a encore une fois été spectaculaire. Je pourrais parler de son talent durant des heures, mais maintenant que je suis passée sous aveux, je peux vous épargner cette torture. Vous jugerez par vous-mêmes de son talent! Sinon, un des personnages secondaires qui m'a à la fois surprise et intéressée était ce drug dealer qui adore congeler ses victimes dans son camion de « bétail ». Il est crasseux à souhait et sa démence est évidente par ses rires diaboliques, ses menaces... et le fait qu'il adore manger des langues de porc (ou d'humains?) crues. Je ne sais pas quel est le nom de l'acteur qui a campé ce rôle, mais j'espère le revoir sur nos écrans! Bref, il est évident que les acteurs ont pris plaisir à camper leurs rôles et cela ne passe pas inaperçu!

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Malgré ces éloges, le film n'est pas parfait. Un des premiers défauts, et sûrement le plus superficiel de tous, est le fait que le film a été tourné entièrement en numérique. L'effet DV pourra être déplaisant pour certains tandis que pour d'autres, un petit moment d'adaptation suffira. Cette technologie est pourtant une « béquille » pour le cinéma indépendant puisqu'elle permet de produire à de moindres frais des films audacieux! Les autres défauts sont des erreurs de montage ici et là, une musique qui semble parfois travailler contre le film plutôt que de l'améliorer et les influences Tarantino et Ritchie presque évidentes pourraient aussi aller dans la catégorie des défauts, même si elles sont aussi une qualité du film. Pour nommer une autre qualité du film, je dirais que le scénario a une grande part de réussite pour cette réalisation de Canuel puisqu'il donne une personnalité haute en couleurs au film. Ce gros plus, ajouté à la qualité du jeu des acteurs, nous permet de passer par-dessus les quelques défauts.

Impossible de passer à côté de La loi du cochon si vous voulez découvrir ce qui se fait de bien par chez nous ou si vous êtes un cinéphile qui adore le cinéma étranger. Avec une grande énergie, les scènes nous amènent d'une surprise à une autre, dosant avec un équilibre juste les moments tantôt loufoques, tantôt boostés d'adrénaline. Qu'attendez-vous pour louer ce film?!

Cote: 5star



Pirates Of The Caribbean : At World's End

j'avais envie de vous empoissonner le 04 juin 2007

POTC3

Réalisateur: Gore Verbinski.
Scénaristes: Ted Elliott et Terry Rossio.
Acteurs: Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley, Geoffrey Rush, Bill Nighy, Chow Yun Fat.
Synopsis: L'âge d'or de la piraterie touche à sa fin. Même le terrifiant Vaisseau Fantôme et son capitaine Davy Jones servent à présent Lord Cutler Beckett et la Compagnie anglaise des Indes Orientales.
Will Turner, Elizabeth Swann et le capitaine Barbossa n'ont qu'une seule chance de résister à Beckett et à son armada destructrice : ils doivent rassembler les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères, mais l'un des membres les plus éminents, le capitaine Jack Sparrow, manque à l'appel.
Will, Elizabeth et Barbossa, secondés par Tia Dalma, Pintel et Ragetti, doivent faire voile vers des mers orientales inconnues, pour affronter un pirate chinois, le capitaine Sao Feng, et s'emparer des cartes qui les conduiront au-delà des limites du monde connu, là où Jack est retenu...

Commentaire: J'ai attendu cette suite avec impatience et me voilà maintenant rassasiée à souhait! Je peux maintenant affirmer sans aucun doute que la série Pirates Of The Carribbean m'a complètement subjuguée avec ses aventures de pirates carambolesques avec des personnages hauts en personnalité! Je pense premièrement à Jack Sparrow interprété par le polyvalent Johnny Depp. Il nous impressionnera encore une fois avec son savoir-faire, ses grimaces rigolotes ainsi que des blagues pimentées d'une folie qui ne peuvent qu'appartenir à un pirate déjanté... et  "un peu" troublé dans cette suite puisqu'il s'imagine des Jack Sparrow à profusion! J'ai retrouvé Barbosa, campé par Geoffrey Rush, avec une joie boostée à la puissance 1000! Il est pris malgré lui avec un Sparrow qui veut tout contrôler et gérer à sa manière sur la Black Peal (dont les deux s'obstinent la possession). Barbosa nous montrera que lui aussi est aussi déjanté que son ennemi, devenu "ami" le temps d'une quête, durant un battle cry assez intense...! Évidemment, la terreur de la mer pour les pirates, communément appelée Davy Jones, sera une partie importante de l'histoire. On avait eu droit à une partie de la légende concernant Davy Jones durant Dead Man' s Chest, on aura maintenant la dernière partie du gâteau en apprenant la fin de cette histoire. J'ai été quelque peu surprise du revirement que cela a créé, mais un peu déçut aussi. Disons que c'est seulement la personne concernée qui me plaît plus ou moins dans tout ça.

Quelques personnes ont dit que le film était trop long et qu'il y avait des dialogues inutiles, mais je crois que les gens se sont plutôt sentis dépassés par les termes pirates ainsi que les légendes sur lesquelles se base cette série qu'autre chose. J'ai eu quelques difficultés à suivre, mais j'ai fini par rattraper les bouts perdus durant le film grâce aux dialogues qui nous permettent d'en savoir un peu mieux sur ce qui va se passer et sur les motivations des personnages. L'effet de réchauffé que les gens ont eu est sûrement dû au fait que POTC 3 n'est pas réellement une suite, mais qu'en fait POTC 2 et POTC 3 ne sont qu'un seul film...
Le gros point faible de toute cette série est bien l'histoire d'amour nunuche entre Will Turner (Orlando Bloom) et Elizabeth Swan (Keira Knightley). J'ai souvent l'impression de regarder une copie conforme des problèmes matrimoniaux qu'on retrouve dans la série Spiderman et pourtant tout le monde sait que cette histoire d'amour est nulle à crever! Des "je t'aime-m'aimes-tu pas" en veux-tu, en voilà! J'aurais préféré une histoire d'amour à la pirate avec un bon côté déjanté puisqu'il est clair que Will et Elizabeth ont choisi le camp de la piraterie.

Finalement, je pourrais terminer en disant que la performance de Keith Richards (guitariste de Rolling Stones) en tant que Capitain Teague a été excellente! Son arrivée dans le film fut brillante (on voit d'où Jack Sparrow tient sa manière de faire des entrées fracassantes) et son personnage, pour le peu qu'on le voit, avait tout ce qu'il faut pour nous titiller. Grosse ressemblance avec Jack Sparrow (évidemment puisque Johnny à monter son personnage en s'inspirant de Richards), habit de pirate à faire damner n'importe qui et une attitude qui nous montre que le personnage a un certain relief. Malgré qu'on dit que ce serait la fin de cette série, le film se termine plutôt de manière ouverte laissant donc une possibilité à Hollywood de continuer là où l'histoire aura été laissée. J'espère vraiment que cela se produise d'ici quelques années, question de choisir d'autres acteurs puisqu'il est évident que Keira Knightley et Orlando Bloom veulent passer à autre chose (contrairement à Johnny Depp!). Tout ce qu'il me resterait à faire pour clore cette note serait de vous donner une bouteille de rum... YoHo!

PS. Comme avec les deux autres films, il y a un eastern egg à la fin du générique...!

Cote: 4star
(J’aurais mis cinq étoiles si Orlando Bloom et Keira Knightley ne faisaient pas parti de la distribution...)

De Grønne Slagtere AKA The Green Butchers

j'avais envie de vous empoissonner le 08 mai 2007

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Réalisé par: Anders Thomas Jensen
Mettant en vedette: Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas
Pays: Dannemark
Langue: Dannois
Genre: Comédie/Drame
Synopsis: Svend et Bjarne, deux amis, décident de monter leur propre boucherie afin d'échapper à un patron étouffant. La clientèle se fait rare jusqu'à ce que leur ancien employeur les mette à l'épreuve en leur offrant d'organiser le dîner du Rotary Club. La chance tourne à la suite d'un malencontreux accident qui permettra à Svend d'offrir, une recette "sauce maison", une viande à la saveur très originale mais à l'approvisionnement plus que délicat...

***

Cela faisait la deuxième fois que je tombais sur Green Butchers sur la chaîne Movie Network et puisque la dernière fois je n'avais pu voir que les 30 dernières minutes, j'ai décidé de l'écouter au complet. Au début, ça me faisait drôle d'entendre du dannois, mais en même temps ça me faisait marrée à cause de l'élocution des mots et de l'accent. C'était immanquable, dès qu'un personnage disait : « Allo! » je pouffais de rire! Petit détail futile que Nikolaj a pu me faire oublier...!

Je crois que ce que j'ai le plus apprécié de cette production, c'est la simplicité du scénario. De la comédie dry dans des situations pour le moins comiques, des personnages simplets, mais troublés sans oublier Eigil, le frère attardé mentalement (joué par Nikolaj!). Je ne sais pas pourquoi tout le monde le déteste dans ce film! Il est tellement adorable et attachant!!! Il se promène partout avec sa petite girafe, il aime tous les animaux, a des lunettes plus grosses que son visage... j'ai toujours eu un faible pour les personnages de ce genre. Par exemple, le personnage de Sean Penn dans le film I Am Sam ou bien Doddits dans le film Dreamcatcher. Je crois que je les aime parce que les acteurs doivent les jouer avec une innocence et une naïveté d'enfant.

Ce film n'est sûrement pas pour tout le monde, mais il en vaut la peine. On ne le citera probablement pas comme recommandation, mais pour son genre l'écoute ne sera pas une peine perdue! La fin à une sorte d'happy end qui a une certaine morale tout de même. Elle fait réaliser que Svend s'est donné bien du mal pour rien pour être apprécié de ses clients (et peut-être même de sa femme?) qu'on ne peut faire autrement qu'en rire. The Green Butchers aurait fortement pu tomber dans le ridicule, mais c'est le sens aigu de Jensen des absurdités cruelles de la vie qui lui permet d'illuminer comment la douleur et l'hilarité peut continuellement couler l'une dans l'autre, sans jamais dépasser la limite.

Cote: 4star

Hot Fuzz

j'avais envie de vous empoissonner le 02 mai 2007

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Réalisé par: Edgar Wright
Mettant en vedette: Simon Peggs, Simon Pegg, Nick Frost, Jim Broadbent (et Bill Nighy!!!)
Pays: Angleterre
Langue: Anglais
Synopsis: Officier de police londonien d'une efficacité redoutable, Nicholas Angel fait de l'ombre à ses collègues. Si bien que, plutôt que de lui offrir une promotion, ses supérieurs le mutent à Sandford, un village paisible. Peu de temps après son arrivée, un avocat et sa maîtresse sont décapités à la suite d’un accident de la route. Tous ses confrères refusent de croire à la thèse du meurtre, qu’il est seul à défendre avec son collègue Danny, le fils du chef de police. Lorsque d'autres crimes sanglants surviennent, ses soupçons se portent sur Simon Skinner, le propriétaire d'un supermarché, doté toutefois d’un alibi en béton. Rien ne va plus lorsque Nicholas devient la prochaine cible sur la liste du meurtrier.

****

Un seul mot pour décrire ce film : orgasmique. Edgar Wright a entendu nos prières et les a exaucés; nous retrouvons dans sa toute dernière production son humour déjanté et nos deux héros britanniques que nous avons découverts avec la parodie Shawn Of The Dead! Dans le genre comédie/action avec trame sonore qui déchire, Hot Fuzz le fait bien. Pourtant, c'est un genre de film qui peut être à la fois très facile à faire mais dangereux à exécuté. Si on retrouve trop d'humour, les scènes d'actions donneront l'impression d'être de trop et s'il y a trop d'action l'humour paraîtra déplacé. Sauf qu'on parle ici de Wright et de Peggs qui détiennent le secret pour ce genre de film! On retrouve quelques clichés typiques revus par Wright et joués avec une authenticité hilarante par Peggs et Frost. Je ne m'attendais vraiment pas à rire à ce point tout au long du film et j'ai été agréablement surprise du fait qu'il n'y avait pas un gag navet! Vous savez, ce genre de blague qu'on entend généralement dans les films et qu'on se dit : « Ouf... » avec un peu de pitié pour les scripteurs? Bah ici, il n'y en a pas. Cela n'existe pas dans le monde d'Edgard Wright! J'ai particulièrement aimé les scènes de meurtres très bien gore et crédibles pour ce genre de film. On sent qu'on n'a pas essayé de limiter les « provocations » pour l'audience. C'était du cru et ça rajoute à mon admiration pour cette production! Les scènes de batailles avec tout un attirail d'armes variées avaient un dosage juste entre action et comédie; les amateurs de chacun des camps en avaient donc pour son argent! Et puis j'ai trouvé Simon Peggs incroyablement séduisant avec sa petite tronche british dans un uniforme de policier! Hihi! Le personnage totalement imbécile et crédule de Frost est attachant en plus qu'il a l'air d'un gros nounours tellement fun à serrer dans nos bras. Le dernier point que je me dois d'écrire est le suivant : tout au long du film j'ai eu l'impression que l'équipe au grand complet était très solidaire et à l'aise et cela n'a eu que des résultats positifs. Impossible de ne pas le constater. Mon verdict? Un must-have sans sa collection de DVD.

Cote: 5star


Marie-Antoinette prend un vent de fraîcheur

j'avais envie de vous empoissonner le 23 avril 2007

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Réalisé par: Sofia Coppola
Mettant en vedette: Kirsten Dunst, Jason Schwartzman
Durée: 123 minutes
Pays: Japon/France/USA
Langue: Français/Anglais

Cette troisième production complètement écrite par Sofia Coppola a souffert de l'incompréhension du public et c'est bien dommage pour eux. La jeune demoiselle qui nous avait offert Virgin Suicide et Lost In Translation nous offre sont oeuvre la plus ambitieuse sur cette Autrichienne archiduchesse (incarnée par Kirsten Dunst) devenu Reine de France malgré elle, passant à l'histoire comme étant une vilaine de la Monarchie. Le but de ce film n'étant pas de nous offrir une biographie d'époque sur cette Reine — déstabilisant du coup la majorité de l'audience — est le détail qui a réussi à me séduire. Coppola nous propose de jeter un coup d'oeil à travers sa vision personnelle et imaginative sur la vie non pas d'une Reine, mais d'une adolescente en crise et en quête d'elle-même. C'est donc avec l'oeil d'une culture populaire que Sofia nous raconte la vie de Marie-Antoinette tout en ré imaginant la cour de Versailles.

Tout ce qu'on a fait est basé sur des recherches, mais vu de manière contemporaine. Ma plus grande peur était de faire un film “Chef d'oeuvre du cinéma”. Je ne voulais pas faire un film historique fade avec ces clichés froids et distants de cette époque. C'était très important pour moi de raconter l'histoire à ma manière. De la même manière que vous sentez avoir passé quelques heures à Tokyo avec mon film Lost In Translation, je voulais que l'audience ressente ce que ça pouvait être d'être à Versailles durant cette époque et de vraiment se perdre dans ce monde. - Sofia Coppola

Marie-Antoinette confronte donc l'image qu'on a de cette Reine vivant dans la luxure qui aurait dit la phrase historique : « S'ils n'ont pas de pain, qu'on leur donne des brioches » pendant que le peuple Français crevait de faim. Le peuple s'est révolté et l'a condamné à mort pour son indifférence et son mépris persistant. Toutefois, des recherches récentes démontrent que ce que nous connaissions sur cette vilaine Autrichienne était en fait basé sur des mythes et des légendes — elle n'aurait donc jamais prononcé cette phrase qui l'a rendu célèbre. Grâce au livre Marie-Antoinette : The Journey d'Antonia Fraser, Sofia a donc pu nous présenter ici une Marie-Antoinette beaucoup plus humaine qu'on n'aurait pu le croire : naïve, adolescente en quête d'elle-même, très peu préparée à prendre part en tant que figure importante dans l'histoire turbulente de la fin d'époque du 18è siècle. Emprisonnée dans un mariage impartial et forcée de vivre sous l'oeil critique du public, Marie-Antoinette a trouvé son évasion dans leur seul refuge lui étant permis d'accès : les plaisirs sensuels de la jeunesse. Mais sa frivolité l'a inconsciemment rendu objet de scandales, une cible pour la propagande politique et un mouton noir commode pour le peuple appauvri sur le bord d'une révolution. À la toute fin, elle a fait face à ses ennemis et a accepté son destin avec dignité et courage.
Le livre d'Antonia Fraser, qui démontre plusieurs recherches méticuleuses, nous révèle non pas une Reine impérieuse inconsciente de la souffrance, mais plutôt une adolescente fantaisiste et vivante qui était chaleureuse et sympathique de nature pas préparée ni aux demandes de sa vie de Reine de France dans la cour de Versailles, ni aux intrigues politiques.

Tout en regardant le film, j'ai bien ressenti cette facette cachée de Marie-Antoinette. Pendant longtemps elle n'a pas été capable de donner à la France un Dauphin, elle a donc subi les critiques et les pressions de toute la cour de Versailles — même de sa propre mère! Pour une adolescente, le coup est dur à accusé surtout si notre mari ne nous fait ni preuves d'affection et d'amour. Je trouve qu'elle a agit comme n'importe qu'elle autre femme malheureuse d'aujourd'hui se retrouvant dans un mariage vide de passion en se distrayant avec le magasinage et les soirées mondaines. Et le magasinage, on en voit beaucoup dans le film! Les costumes sont exquis, tout pleins de couleurs pastels et d'innocence et l'ont remarque que Marie-Antoinette a donc eu un certain rôle sur la mode à cette époque, spécialement lorsqu'elle demande de se faire faire des robes plus légères pour ses escapades dans le Petit Trianon. On ressent aussi le vide de sa vie puisqu'elle n'est pas vraiment en droit de prendre des décisions politiques et que de toute manière, selon des preuves historiques, elle dit n'avoir jamais eu beaucoup d'intelligence politique pour le faire. On tombe donc dans une compréhension des tourments d'adolescente prise dans un monde d'adulte et la bande sonore du film vient ajouter son grain de sel contemporain que recherchait tant Sofia Coppola. Plusieurs personnes ont rechigné sur la musique et pourtant je trouve que même si les chansons n'étaient pas toutes excellentes, elle donne du relief à Marie-Antoinette et une authenticité qui ne trahit pas les intentions de la productrice!

Par contre, le film souffre bien de quelques failles notamment le manque cohérence dans le temps. Ce que je veux dire par là c'est qu'on est pas conscient du temps qui se déroule entre tels et tels événements ce qui fait qu'à la toute fin, on est un peu perdus et on se dit que tout ça s'est terminé bien rapidement pour cette jeune fille. J'aurais aimé avoir quelques traces des années qui passent au lieu de me dire : « Bon, ça doit faire quelques années là, sa fille vient de naître ». J'ai eu aussi l'impression qu'on a passé par dessus des événements historiques qui auraient pu être accessoirement utiles pour l'audience qui a majoritairement été vu par des jeunes adolescents.

Cela dit, il ne faut pas s'attendre à un résumé de la vie historique de Marie-Antoinette, mais plutôt un regard vers une personne qui a été et restera prise des bobards racontés par les mauvaises langues de son époque. La preuve est que quelque 200 ans plus tard, nous débattons encore à son sujet! À votre discrétion de déterminer si Marie-Antoinette était une vilaine traitresse ou une jeune dame qui ne voulait rien savoir d'être Reine.


4star

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